6 juillet 2011. Il est un peu plus de 8 heures lorsque la porte de l’avion s’ouvre.
Arrivée à l'aéroport International de Kaboul (Kaia)

Une chaleur écrasante nous frappe au visage. Je descends sur le tarmac, entouré des légionnaires du 2ᵉ REP qui viennent relever leurs camarades en Kāpīsā. Nous embarquons rapidement dans les véhicules blindés.
Quelques minutes plus tard, une longue colonne de VAB s’ébranle en direction du camp militaire de Warehouse. Je suis partagé entre l’excitation et la peur. Dix pour cent de l’une, quatre-vingt-dix de l’autre… ou peut-être l’inverse. Je serais incapable de le dire.

À côté de moi, un adjudant du 2ᵉ REP dort profondément. Nous sommes six enfermés dans le blindé. Il doit faire près de cinquante degrés à l’intérieur. Lui semble ailleurs.

Je suis là pour réaliser un documentaire sur les militaires polynésiens engagés dans l’armée française. Pourtant, ce n’est pas ce documentaire qui allait me marquer.
Ce sont les Afghans.

Premier ``chai`` en Afghanistan

Le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil… et un tremblement de terre, je pousse la porte de la petite boutique de Waze. Affaibli par le ramadan, il m’accueille avec un immense sourire (très timide lorsqu’on sort un appareil photo). En plein été, la température frôle les 45 °C à l’ombre. Ses premiers mots ne sont ni pour une question, ni pour une vente:
— Salam, Chai ?
NOTE DE VOYAGE:
Chai (چای) signifie « thé » en dari, l’une des langues les plus parlées en Afghanistan.
Le chai est bien plus qu’une boisson. C’est une invitation à s’asseoir, à prendre son temps et à échanger. Refuser une tasse de thé peut être perçu comme un refus de l’hospitalité.
C’est l’un des premiers mots que j’apprends en Afghanistan. Quelques minutes plus tard, Wase dépose devant moi un petit verre fumant. Pas un sachet de Lipton. Du vrai thé, préparé avec le temps qu’il faut.
Je ne le savais pas encore, mais cette tasse de thé allait être la première d’une longue série de rencontres inoubliables…


